Les fondements scientifiques de la recherche.
L’étude scientifique utilise plusieurs principes de base :
1. Ordre.
Pour parvenir aux conclusions, la méthode scientifique diffère
du “sens commun” en ce qu’elle utilise l’observation organisée
d’entités ou d’événements qui sont classés ou ordonnés sur la base
de propriétés et de comportements communs. C’est la fréquence des
propriétés et des comportements communs qui permet les prévisions,
conduisant en dernier ressort à des lois.
2. Inférence et hasard.
Le raisonnement, ou l’inférence, est la force qui permet les
avances dans la recherche. Dans le contexte de la logique, cela signifie
qu’un énoncé ou une conclusion doit être accepté parce qu’un ou
plusieurs autres énoncés ou prémisses (évidence) sont vrais. Des
suppositions, des présomptions ou des théories peuvent être ainsi
développées par inférence selon une construction minutieuse, en vue
de postuler des hypothèses à tester. Le test d’hypothèses est la méthode de base pour faire avancer les connaissances dans les
sciences.
Deux approches ou raisonnements distincts s’imposent dans le
développement des inférences : déductif et inductif. Dans la déduction,
la conclusion résulte nécessairement des prémisses, comme dans le
syllogisme (tout A est B, tout B est C, donc tout A est C) ou les
équations algébriques. La déduction se distingue par le fait qu’elle va
du général au particulier et qu’elle ne tolère aucun élément de hasard
ou d’incertitude. Les inférences déductives conviennent donc tout
particulièrement à la recherche théorique.
Étant essentiellement empirique,
la recherche en matière de
santé repose presque entièrement sur des raisonnements par induction.
La conclusion ne résulte pas nécessairement des prémisses ou de
l’évidence (faits). On peut dire seulement que la conclusion est plus
probablement valide si les prémisses sont vraies, c’est-à-dire, qu’il y
a une possibilité d’avoir les prémisses vraies mais la conclusion fausse.
Il faut donc tenir compte de tous les effets du hasard. Par ailleurs le
raisonnement inductif se distingue par le fait qu’il va du particulier
vers le général, donc il construit.
3. Évaluation de la probabilité.
L’exigence décisive pour assurer la validité du plan de
recherche, est l’évaluation de la probabilité du début à la fin. Les
éléments du plan les plus notables qui doivent assurer l’intégrité de la
probabilité et la prévention de biais, sont les suivants : échantillonnage
représentatif, randomisation dans la sélection des groupes d’étude,
maintien de groupes de comparaison servant de témoins, expériences
et sujets traités en double aveugle, et utilisation de méthodes statistiques
de probabilité dans l’analyse et l’interprétation des résultats. Si l’on observe
une population entière, le calcul des fréquences relatives des variables
fournit toute l’information sur la variabilité. Si nous observons
seulement un échantillon d’individus tiré de la population, l’inférence
de l’échantillon vers la population (extrapolation du particulier au
général), impliquera l’identification des probabilités des événements
en cours d’observation, ainsi que le recours aux lois de probabilité qui
nous permettent de mesurer le degré d’incertitude dans nos inférences.
Seul un plan de recherche correct qui intègre les lois de probabilité
permettra d’atteindre ces objectifs.
5
La méthodologie de la recherche dans le domaine de la santé : Guide de formation aux méthodes de la recherche scientifique
4. Hypothèse.
Les hypothèses sont des énoncés soigneusement construits
relatifs à un phénomène dans la population. Les hypothèses peuvent
découler d’un raisonnement déductif ou se fonder sur un raisonnement
inductif à partir d’observations antérieures.
L’un des outils les plus
utiles dans les recherches sur la santé est la génération d’hypothèses
qui, après avoir été testées, conduiront à l’identification des causes
les plus probables d’une maladie ou du changement d’un état en
observation. Bien que nous ne puissions tirer des conclusions définitives
ou revendiquer la preuve en utilisant des méthodes inductives, nous
pouvons nous approcher toujours plus près de la vérité en détruisant
des hypothèses existantes et en les remplaçant par d’autres plus
plausibles.
Dans les recherches sur la santé, les hypothèses sont souvent
construites et testées pour identifier les causes de maladies et pour
expliquer la distribution de maladies parmi la population. On fait souvent
appel aux critères de Mill du raisonnement inductif pour former des
hypothèses sur le lien entre association et causalité. Énoncées
brièvement ces méthodes sont les suivantes :
(a) méthode de la différence : lorsque la fréquence d’une maladie
présente une différence marquante dans deux circonstances,
et lorsqu’on peut identifier un facteur dans l’une des
circonstances et non dans l’autre, ce facteur, ou son absence,
peut être la cause de la maladie (par exemple la différence de
fréquence du cancer du poumon chez les fumeurs et chez les
non-fumeurs).
(b) méthode de concordance : si un facteur, ou son absence, est
commun à un certain nombre de circonstances différentes où
on constate la présence d’une maladie, ce facteur ou son
absence peut être lié aux causes de la maladie (par exemple
l’apparition de l’hépatite A est associée au contact avec un
malade, au surpeuplement, et à de mauvaises conditions
d’hygiène et d’assainissement, chaque facteur participant à la
transmission du virus de l’hépatite).
(c) méthode des variations concomitantes, ou la relation dose-effet:
citons des exemples de variations concomitantes : augmentation
de la présence du goitre endémique avec la diminution de la
teneur en iode des aliments ; augmentation de la fréquence de
la leucémie avec l’augmentation de l’exposition aux
6
Chapitre 1 : La recherche et ses méthodes scientifiques
rayonnements ; augmentation de la prévalence de l’éléphantiasis
dans les régions où s’accroît l’endémicité de la filariose).
(d) méthode d’analogie : la distribution et la fréquence d’une maladie
ou d’un effet peuvent être suffisamment analogues à celles
d’une autre maladie pour suggérer une cause commune (par
exemple infection par le virus de l’hépatite B et cancer du foie).
L’approche épidémiologique est
fondée sur des principes statistiques.
La recherche peut être
subdivisée en recherche de type basé sur l’observation, et recherche de type
expérimental. Les études basées sur l’observation emploient généralement la
méthode d’enquête sur échantillon
de la population. Les études du type
transversal, où l’on collecte simultanément les données de cause et d’effet sont considérées comme
génératrices d’hypothèses. Par contre, les études où les observations de causes
et d’effets sont décalées dans le temps sont considérées comme analytiques (ou
causales) et peuvent donner lieu à une inférence d’associations. La meilleure vérification des hypothèses est réalisée par
des expériences dans lesquelles tous les facteurs, sauf celui en considération,
peuvent être maîtrisés. Cependant, pour des raisons éthiques et pratiques,
cette méthode est rarement possible dans le contexte des maladies humaines. Ces études analytiques par
observations peuvent être rétrospectives (étude cas témoins) ou prospectives (étude de cohorte ou étude historique de
cohorte). Dans ces méthodes, on compare des groupes d’individus pour relever
les différences en matière d’exposition ou de résultat.
7 La méthodologie de la
recherche dans le domaine de la santé : Guide de formation aux méthodes de la
recherche scientifique . Dans les deux approches, le
raisonnement statistique utilisant les lois de probabilité, guide le processus
d’inférence. On fait quelques suppositions de base concernant la population,
ses caractéristiques et leur distribution de probabilité, et on évalue la
vraisemblance des observations confirmant ou infirmant l’hypothèse énoncée. En
se basant sur les probabilités calculées, on accepte ou on rejette l’hypothèse
(ou bien l’état d’incertitude reste non résolu, ce qui est le cas en
particulier lorsque la taille de l’échantillon est trop petite pour assurer la
fiabilité). Des plans d’étude spécifiques seront discutés plus loin dans ce
manuel. Le processus allant de la génération de l’hypothèse au test de
l’hypothèse est illustré ci-dessous. Une observation ou une série
d’observations lance une hypothèse; une étude transversale est entreprise pour
générer des hypothèses correctes ; une étude par observations établit des
associations et confirme (ou rejette) l’hypothèse ; et une expérience est menée
pour tester l’hypothèse.
Planification et gestion de la recherche
1. Programme de recherche
La recherche est une activité complexe dont l’élaboration et la
mise en oeuvre exigent une planification, une gestion et une
administration minutieuses. Dans le contexte mondial actuel de
restrictions budgétaires en matière de recherche, il est de plus en plus
nécessaire de programmer la recherche dans le domaine de la santé
en lui fixant des objectifs clairement définis et réalisables dans la
pratique.
L’élaboration d’un programme de recherche comporte
nécessairement un certain nombre d’étapes essentielles :
(a) définir le rôle et le champ d’action prévus pour l’unité chargée
de la recherche ;
(b) déterminer les moyens et les ressources de l’unité de recherche,
en incluant : personnel, installations, équipement, fournitures,
délais et budget, ainsi que l’accessibilité aux documents de
recherche ;
(c) sélectionner le sujet de recherche, en considérant des facteurs
tels que :
• importance du problème et de son impact
• urgence du besoin d’une solution
• pertinence par rapport aux objectifs de l’organisme qui
finance l’étude
• possibilité de traiter le problème par une étude
• faisabilité du programme
• chances de succès
• conséquences prévisibles en cas de succès
• retombées en matière de formation du personnel et
d’autres éléments renforçant les capacités de recherche.
(d) élaborer des protocoles de recherche, documents qui serviront
de guides lors de l’exécution, du contrôle et de l’évaluation de
la recherche ;
(e) installer une structure administrative clairement définie, avec
des fonctions de direction, d’encadrement, de consultation et
9
La méthodologie de la recherche dans le domaine de la santé : Guide de formation aux méthodes de la recherche scientifique
de collaboration, et des profils de postes basés sur des tâches
spécifiques.
(f) formuler un calendrier d’objectifs pour la consolidation des
résultats, et la préparation de ces résultats en vue de la diffusion,
y compris la publication dans la documentation scientifique.
2. Exécution de la recherche.
Le mécanisme pour conduire une recherche suit des étapes
simples : formulation du problème ; planification de la démarche (plan
de recherche) ; exécution des activités dans un réseau stratégique
visant des objectifs spécifiques qui aboutiront à la solution du problème.
Un cadre pour la rédaction d’une proposition de recherche est donné
ci-après. 11.
a. Conceptualisation du problème :
• identifier le problème (quel est le problème ?)
• donner une priorité au problème (pourquoi est-ce un
problème important ?)
• exposé raisonné (le problème peut-il être résolu et quels
sont les bénéfices pour la société si le problème est
résolu ?)
b. Situation actuelle :
• étude documentaire (que savons-nous déjà ?)
c. Formulation des objectifs :
• disposer les questions selon les objectifs généraux ou
spécifiques ;
• développer une hypothèse à tester pour atteindre les
objectifs.
d. Méthodologie de recherche :
• définir la population, caractéristiques à considérer et
distribution de probabilité ;
• type d’étude (observation ou analyse, enquêtes ou
expériences)
• méthode de collecte, de gestion et d’analyse des
données:
10
Chapitre 1 : La recherche et ses méthodes scientifiques
◊ choix de l’échantillon
◊ instruments de mesure (fiabilité et validité des
instruments)
◊ formation des enquêteurs
◊ contrôle de la qualité des mesures
◊ calcul, vérification et validation des mesures
◊ le problème des observations manquantes
◊ traitement statistique des informations
◊ test de l’hypothèse
◊ considérations éthiques.
e. Plan de travail :
• personnel
• chronologie (qui va faire quoi et quand ?)
• administration du projet.
f. Plan de diffusion :
• présentation aux autorités pour la mise en oeuvre des
résultats de la recherche (le cas échéant)
• publication dans des revues scientifiques et dans d’autres
documents (y compris ceux de l’organisme qui a financé
le projet) en vue d’une large diffusion des connaissances
résultant de la recherche.
Une bonne proposition contiendra aussi un résumé rédigé par
le chef du projet, donnant une vue générale des points précédents
dans un langage clair et simple, compréhensible par un non-spécialiste;
elle comportera aussi une liste de références.
1.6 Le chercheur
Parmi les qualités importantes conduisant au succès dans la
recherche, on peut citer :
• un esprit curieux pour trouver de nouveaux faits
• la persévérance et la patience
11
La méthodologie de la recherche dans le domaine de la santé : Guide de formation aux méthodes de la recherche scientifique
• l’intégrité pour soi-même et pour la valeur de la méthode
scientifique
◊ un esprit analytique capable de participer à des
réflexions critiques
◊ la réceptivité aux critiques au niveau
professionnel
◊ l’ouverture d’esprit et la capacité de déceler la
signification d’observations inattendues
◊ l’objectivité.
1.7 Conclusion
L’investigation scientifique est une véritable gageure pour
l’humanité, et le soutien qu’elle reçoit de la société est une mesure de
la force, de la vitalité et de la foi dans l’avenir de cette société. La
démarche et les méthodes de la recherche ont lentement évolué pour
devenir de plus en plus précises et efficaces. La technologie existe
pour explorer l’inconnu. Le succès de cette entreprise dépend
cependant, aujourd’hui comme hier, des talents individuels et collectifs
des chercheurs attachés aux principes de la science, tels que l’ordre,
l’inférence et le hasard, dont ils tiendront compte en les intégrant
dans un plan de recherche et une méthodologie solides.
Toutes les méthodes n’agissent pas de la même manière sur les étapes de la recherche :
- En méthode expérimentale une place importante est accordée à
l’empirisme au stade de l’observation et du traitement des données.
- En revanche, la méthode clinique, parce qu’elle est thérapeutique, s’intéresse surtout
aux résultats et ne dicte par elle même aucune attitude spécifique.
- La méthode liée à une tentative d’explication qui à l’instar de la dialectique implique
des observations concrètes et vise avant tout un schéma explicatif. Cependant le terme de méthode est justifié lorsqu’il s’attache à un
domaine particulier et comporte une manière de procéder qui lui est propre : la méthode
2
historique, la méthode psychanalytique. La méthode ne devrait pas être confondue à la
théorie ; si les problèmes de méthode donnent une réponse à la question du ‘’comment ‘’ ceux
liés à la théorie définissent la question du ‘’ quoi ‘’.
Dans un sens restreint, ces méthodes ont en commun d’être structurées autour d’un ensemble
concerté d’opérations, un corps de principe présidant à toute recherche organisée, un
ensemble de normes permettant de sélectionner et de coordonner des techniques. Elles
constituent donc un plan de travail.
L’administration d’une démarche expérimentale exige la prise en compte de trois étapes :
l’observation, l’hypothèse et l’expérimentation proprement dite.
l’observation consiste en une accumulation structurée de données qui peuvent suggérer une orientation, une idée de
recherche. C’est une attitude proche de la pratique en clinique et dont l’intérêt est
de saisir les faits qui peuvent apparaître dans le champ d’observation.
L’hypothèse tend à formuler une relation entre des faits significatifs sous l’aspect d’une loi et aide à sélectionner les faits observés. L’interprétation de ces derniers
autorise la déduction d’hypothèses qui, une fois vérifiées constituent un élément de la théorie. Les hypothèses se proposent de trouver des solutions à différentes sortes de questions. Elles
naissent à partir d’une observation ou de constats opérés au cours d’une
recherche. Elles peuvent être aussi le résultat d’une élaboration purement théorique à partir
d’un ensemble de connaissances.
Niveaux de la recherche
4.1 Description
Elle consiste en la réunification d’observations faites au sujet de tel phénomène en vue d’en
livrer une image aussi cohérente et approfondie que possible. Il s’agira dans les lignes qui
suivent d’évoquer les principes généraux de la description dans un premier temps, puis les
techniques à mettre en œuvre pour présenter les éléments de la description.
4. I.1 Généralités
Les principes : la description a pour but de représenter la réalité en réunissant dans un
tableau complet les caractéristiques des phénomènes étudiés. Cette phase est d’une
importance capitale entre l’étape de l’observation et celle de l’explication.
La description complète l’observation qui fournit les matériaux disparates. A priori, une
description correcte ne se dégage pas des matériaux ainsi collectés. Par le biais de
l’observation, le chercheur rassemble des données brutes souvent contradictoires, rarement
cohérentes. La mise en œuvre d’une bonne description permet au chercheur de reconstituer le
phénomène étudié en rapprochant les données disponibles de manière à restituer l’image la
plus complète possible du phénomène.
L’observation intervient le long du processus de recherche car avant d’aborder la
classification et l’explication des phénomènes, il importe d’en saisir la quintessence réelle.
Ainsi donc, cet effort de description long et fastidieux autorise une bonne attaque des étapes
supérieures de la classification et de l’explication sur la base de matériaux solides.
En dégageant les exigences qui président à la description, on peut en retenir deux qui sont
particulièrement importantes : le souci de la validité, celui du caractère opératoire.
13
La description doit être valide puisque pour reprendre Claude Bernard parlant de
l’observation, elle doit être une photographie des phénomènes en reproduisant exactement les
faits. La description doit être opératoire. Le chercheur doit essayer de rendre la description
opératoire. Autrement dit il s’emploiera à faciliter et au maximum possible les étapes
suivantes de sa recherche. Ainsi par exemple, lorsqu’on prévoit d’exploiter des techniques
mathématiques à la suite de l’analyse, on veillera de fournir à l’étape de la description le
maximum de données chiffrées.
Par voie de conséquence, une bonne description exige un cadre conceptuel qui permet
d’organiser les données collectées en leur donnant une signification. C’est dire qu’une
description correcte constitue une ébauche de classification et d’explication.
Les formes : plusieurs moralités peuvent être envisagées dans la description des phénomènes
sociaux. On évoquera en guise d’illustration la techniques de monographies et celle des case
studies.
a. La technique monographique consiste à livrer une description approfondie d’un objet
social réduit. Elle présente deux caractéristiques majeures : son objet est limité et concret (une
famille, un village, etc.). Cet objet est décrit de manière exhaustive dans sa singularité et dans
ses particularités.
Mise au point au XIXe siècle, cette technique du sociologue français Le Play ( 1806-1882 )
lui a permis de comprendre les problèmes sociaux à travers l’analyse monographique de
familles ouvrières originaires de différents pays européens. A sa suite, d’autres spécialistes
ont élargi la technique en particulier l’abbé de Tourville qui suggéra une nomenclature
comprenant 326 questions obligatoires auxquelles devrait répondre la monographie de tout
groupe social. L’application de telles orientations président à la construction d’enquêtes
restées célèbres à l’instar des recherches d’Oscar Lewis : Mexican case studies and the culture
of poverty (New York) ou encore les recherches Pédro Martinez “Une famille portoricaine
dans une culture de la pauvreté (Paris 1969)”.
Initialement confinée à l’étude des familles ou villages, la technique monographique a été
étendue régions, aux groupes professionnels et autres organisations ( partis politiques,
syndicats etc.). Le souci d’étendre l’application de la méthode à l’échelle d’une société a
14
conduit le sociologue Hollandais Steinmetz à suggérer l’émergence d’une discipline
autonome : la sociographie.
Aujourd’hui, le procédé est appliqué à des groupes et à des phénomènes sociaux les plus
divers. Ainsi, Edgard Morin et son équipe ont consacré des travaux à la “Rumeur d’Orléans” (
Enquête à partir de rumeurs relatives à l’enlèvement de jeunes femmes dans les magasins de
confection gérés par des Israëlites.). Dans le détail, on apprend dans la monographie
consacrée à Auxerre par S. Frères et C. Bettelheim qu’en 1950, 3.674.000 lettres y étaient
expédiées pour 3.873.000 lettres reçues. Sur un autre régistre, la durée des fiançailles était de
trois mois pour 5% des couples, 5 mois pour 15%, 8 mois pour 33%.
b. La technique des case studies : Elle consiste à décrire un même phénomène en intégrant
les résultats d’observation faites par ailleurs et selon les techniques différentes. Dans ce cas
précis la description s’approprie des éléments empruntés à des recherches pluridisciplinaires.
A l’origine, cette technique née aux Etats-Unis se préoccupait d’étudier un ensemble d’Etats
présentant une unité politico - sociale en vue de les situer dans la société internationale. Pour
ce faire, la technique avait recours aux ressources de la géographie, de la démographie, la
science politique, de l’histoire, de la sociologie etc. Aujourd’hui cette technique met garde les
deux caractéristiques suivantes :
- l’objet ne se limite plus à un cadre géographique et peut embrasser une organisation, un type
de phénomène, un évènement
- une approche pluridisciplinaire dont les résultats sont synthétisés au niveau de la description.
4.1.2 Techniques de la description
Elles concernent les procédés mis en œuvre pour exposer les éléments entrant dans la
description d’un phénomène. A côté d’une description littéraire, le chercheur peut utiliser un
schéma qui présente souvent l’avantage de la clarté et de la simplicité. De façon générale, on
distingue deux grands types de techniques descriptives : les techniques mathématiques et les
techniques graphiques.
15
Les techniques mathématiques
Il s’agit dans ce cas précis de
16
b. Les graphiques non mathématiques : dans ces graphiques certains éléments se
rapportant à des phénomènes ne sont pas obligatoirement mesurables et quantifiables.
On peut citer au titre de ces graphiques des techniques cartographiques et les figures
imaginaires (tableaux synthétiques et organigrammes ).
4.2 Classification
Une fois les phénomènes observés, le chercheur s’emploie à les classifier en vue d’une
exploitation optimale. Le but de la classification est de regrouper les phénomènes semblables,
de réduire en catégories et en types, l’innombrable variété des faits recueillis et décrits. Une
telle étape existe dans toutes les sciences. Son importance à été telle que la classification a
constitué le principal objet de certaines disciplines scientifiques à l’instar de la botanique ou
de la zoologie.
La classification se caractérise par deux opérations principales : la généralisation et la
réduction.
La généralisation consiste en la définition de catégories regroupant un grand nombre de faits
et de phénomènes concrets. La réduction permet au chercheur de répartir de multiples faits
observés à l’intérieur de ces catégories générales. Les classifications ( ou typologies ) sont très
diverses en Sciences Sociales car chaque spécialiste a tendance à construire ses propres
classifications. Il s’agira d’évoquer :
* dans une première partie les problèmes liés à la construction de ces typologies.
* dans une deuxième partie, quelques grandes catégories de typologies utilisées
4.2.1 La notion de type sociologique
A l’opposé de la description qui se charge de photographier un phénomène, le type renvoie à
un portrait stylisé qui ne retiendrait que les traits essentiels du modèle, en négligeant les traits
secondaires. Le type vise à regrouper les phénomènes présentant les mêmes traits
fondamentaux malgré leurs différences sur des points jugés accessoires. Par exemple au type
‘’ régime parlementaire ‘’ correspond dans la réalité concrète un grand nombre de régimes
politiques différents, mais ayant entre eux un certain nombre de traits communs. Pour définir
les éléments qui fondent le type, deux approches ont été mises en œuvre par les typologistes :
17
. La technique du type idéal vulgarisée par le sociologue allemand Max Weber (1864 – 1920)
. La technique du type réel mis au point par le sociologue français Georges Gurvitch (1894 –
1965)
La notion de type-idéal
Conçue à la fin du XIXe siècle, la notion de type idéal est opposée à celle de type moyen,
construit sur la base des caractères moyens communs à des phénomènes semblables.
Négligeant cette moyenne des caractères communs, Weber reprend en les exagérant, les
éléments qui sont jugés les plus significatifs et les plus originaux du phénomène que l’on veut
typer. Dans ses Essais sur la théorie des Sciences, Weber précise sa conception du ty pe idéal
‘’ on obtient un type idéal en accentuant unilatéralement un ou plusieurs points de vue et en
enchaînant une multitude de phénomènes isolés, diffus et discrets, que l’on retrouve tantôt en
grand nombre, tantôt en petit nombre, qu’on ordonne selon les précédents points de vue
choisis unilatéralement pour former un tableau de pensée homogène. On ne trouve nulle part
empiriquement un pareil tableau dans sa pureté conceptuelle : il est une utopie ‘’
L’intérêt de cette citation tient au fait qu’elle documente les trois phases caractéristiques du
phénomène :
. Au départ l’observation des phénomènes,
. Suit ensuite la sélection des trai
18
société artisanale qui sera ensuite confrontée avec la société médiévale réelle. On pourra ainsi
mesurer à quel degré la société réelle était ou non une société artisanale.
Cette méthode comporte quelques limites liées à ses caractères artificiel et subjectif. Artificiel
car à en croire Weber lui même, le type-idéal est une ‘’utopie’’ qui ne recoupe pas les
phénomènes réels. Ensuite et parce qu’il participe de la construction personnelle du
sociologue, le type-idéal peut être influencé par la subjectivité de celui ci. Qu’en est il de la
notion de type réel ?
La notion de type réel
Illustrée et vulgarisée par le sociologue français Georges GURVITCH, la technique du type
réel cherche à se conformer le plus possible à la réalité : à en croire Gurvitch ‘’ la typologie
doit être réaliste : il faut constituer les types sociaux en combinant différents critères à
partir de l’observation des phénomènes réels ‘’. Les classifications élaborées seraient
fondées sur l’existence de distinctions naturelles entre les phénomènes et le typologiste aurait
seulement à constater la réalité sans avoir à la manipuler en se fondant seulement sur
l’observation.
D’une grande simplicité apparente, ce procédé n’en reste pas moins difficile à mettre en
œuvre car la recherche de typologies naturelles présente des difficultés qui obligent la révision
des classifications botaniques ou zoologiques. Si les typologies naturelles prêtent à
contestation dans les sciences de la nature, ces difficultés s’en trouvent accrues lorsqu’il s'agit
de classer des phénomènes beaucoup plus complexes que les faits sociaux. Pour sa part, la
notion de type réel fait l’objet de réserves articulées dans les mêmes directions que le type
idéal :
Le caractère artificiel est mis en évidence par les sociologues qui doutent de l’existence dans
la réalité, de types ou de catégories naturels. Or il se trouve que bien souvent, les phénomènes
sociaux ne sont pas aussi discontinus que peuvent l’être les phénomènes naturels. En effet, il
est presque impossible de séparer dans la réalité les phénomènes sociaux les uns des autres.
Ainsi par exemple, il est pratiquement impossible de situer la frontière entre un
rassemblement, une manifestation, une émeute ou encore entre un parti politique, un syndicat
ou un groupe de pression.
19
En définitive, les critiques s’accordent à considérer le type réel comme des catégories
intellectuelles projetées artificiellement sur la réalité avec le risque de subjectivité que peut
impliquer cette projection.
4.2.2 Les grandes catégories de typologies
Dans l’établissement des typologies, la question principale à régler tient au choix des
caractéristiques à définir pour la construction des types. Par exemple quels critères doivent
prévaloir pour une typologie des partis politiques : la doctrine, le nombre de membres, le
comportement face au pouvoir, la stratégie etc.
Les critères de choix étant très différenciés, des efforts ont été entrepris en vue de rendre
homogène l’établissement des typologies en privilégiant des types de critères. On distingue
trois grandes orientations :
Les typologies institutionnelles ou structurelles,
Les typologies à base psychologique,
Les typologies à base fonctionnelle
Les typologies institutionnelles
Elles mettent l’accent sur l’aspect cohérent et organisé des phénomènes sociaux. On entend
par institution un ensemble constitué d’éléments divers (idées et croyances, usages et
comportements, éléments matériels) formant un tout coordonné et organisé (exemple : la
famille, le mariage, un parti politique, le parlement)
Dans une institution les éléments constitutifs ne sont pas juxtaposés mais constituent un tout
cohérent dont les parties sont solidaires et hiérarchisées. Une autre caractéristique de
l’institution est relative à son aspect durable. S’inscrivant dans le temps, elle a habituellement
une durée plus grande que celle des membres qui la composent ; autrement dit, l’institution
préexiste aux individus et leur survit. Les institutions ne peuvent être réduites à des modes de
relation entre individus. D’abord parce que les relations qu’elles engendrent sont stables et
durables ; ensuite parce que l’institution comporte des éléments non relationnels : le
Parlement par exemple est davantage que les
20
Une classification institutionnelle consiste à classer les phénomènes sociaux en fonction des
parties qui les composent et des relations qui existent entre ces parties. Observant la
nomenclature des partis, Maurice DUVERGER ( les partis politiques, 1951 ) leur applique
une classification de type institutionnel qui les différencie en partis de cadres et en partis de
masses. De son point de vue, les individus et les groupes ont un comportement assez
discipliné dans les partis de cadres ; à l’inverse la discipline ai sein des partis de masse serait
très forte.
Les typologies psychologiques
Ces typologies sont apparues en Allemagne mais se sont surtout développées dans les
Sciences Sociales américaines, notamment avec l’influence de l’Ecole de la Psychologie du
Comportement. La construction de ces typologies se rattache aux tendances qui voient dans
les phénomènes sociaux des systèmes de relations interindividuelles. Dans cette optique, les
phénomènes sociaux apparaissent comme des sommes de comportements individuels ou des
sommes de rapports interindividuels.
En guise d’exemple de typologie des faits sociaux à base psychologique, on peut citer
l’exemple des tendances politiques suggérées par Eysenck ( The psychology of politics ).
Partant de la distinction traditionnelle droit gauche, il complète cette classification
idéologique ne la combinant avec une classification psychologique des individus participant
aux diverses tendances politiques. L’échelle droite /gauche étant croisée avec cette échelle
des tempéraments, il en arrive à une classification des tendances politiques :
Les partis de type libéral se retrouvent dans la classification ‘’ droite – mou ‘’
Les partis de type social réformiste se trouvent dans la classification ‘’ gauche – mou ‘’
Les partis de type communiste se trouvent dans la classification ‘’ gauche – dur ’’
Les partis de type fasciste se trouvent dans la classification ‘’ droite – dur ‘’.
Discutable dans le fonds, cette typologie est un bon indicateur d’un modèle de construction à
partir de variables psychologiques.
21
Les typologies fonctionnalistes
Elles consistent à classer les phénomènes sociaux selon le rôle, la fonction qu’ils ont au sein
de l’ensemble social dans lequel ils s’incèrent. Le développement de ce genre de typologie a
été lié au succès d’une méthode d’analyse des faits sociaux que l’on appelle la ‘’ méthode
fonctionnelle ‘’. Fondée par le sociologue d’origine polonaise Malinowski, cette thèse repose
sur le postulat selon lequel tout fait social remplit des fonctions sociales essentielles pour le
maintien et le développement du groupe auquel il appartient. Ainsi par exemple, et dans cette
perspective, la religion est un instrument d’intégration et de cohésion sociales. De même, la
famille est définie par rapport à ses fonctions de perpétuation de l’espèce, de socialisation des
enfants etc.
Les typologies fonctionnalistes classent donc les phénomènes sociaux d’après leur fonction
dans le groupe dont ils sont un élément jugé indispensable. Un modèle de typologie à base
fonctionnelle permet de distinguer ( depuis Montesquieu ) le pouvoir législatif, le pouvoir
exécutif et le pouvoir judiciaire : ces trois pouvoirs sont définis d’après leurs fonctions.
4.3 L’explication
Dans sa démarche de systématisation, le chercheur propose des explications. Expliquer c’est
tenter de mettre à jour le processus ayant entraîné tel phénomène. En d’autres termes,
l’explication est la découverte des rapports que le phénomène étudié entretient avec d’autres
phénomènes et qui permettent de comprendre pourquoi le phénomène en question s’est
produit. En sciences sociales, la difficulté de l’explication est liée au fait qu’il n’est pas aisé
de découvrir et d’isoler les facteurs susceptibles de rendre compte de la situation étudiée. A
cela s’ajoute une autre contrainte : à supposer qu’on arrive à établir l’existence de relations
entre le phénomène analysé et un ou plusieurs facteurs d’explication, il resterait à déterminer
la portée de cette explication.
L’explication et ses causes
Expliquer c’est répondre à la question ‘’ pourquoi ? ‘’. C’est donc un exercice visant à établir
des causes. Les sciences sociales ont renoncé à opposer systématiquement compréhension et
explication. La compréhension peut être un auxiliaire indispensable à la genèse d’hypothèses
explicatives mais si les faits sociaux sont justiciables d’un traitement scientifique, celui ci
implique une recherche de causes traduites en des termes objectifs.
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En sciences sociales, la notion de cause présente de nombreuses particularités. La recherche
des causes doit être distinguée d’une démarche de caractère philosophique. Celle ci consiste à
expliquer l’homme et la société par une ‘’ cause finale ‘’ ou une cause première souvent
proposée en dehors de la société. C’est contre cette propension que semblait avertir Durkheim
lorsqu’il écrit ‘’ la cause déterminante d’un fait social doit être cherchée parmi les faits
sociaux ‘’. Aussi, la recherche de l’explication d’un phénomène devra être orientée vers
l’identification de liens d’interdépendance, de rapports entre plusieurs faits sociaux. En lieu et
place de causes formelles, on cherchera des implications et des connexions.
Dans une démarche d’explication, on oppose les notions de causalité interne et externe. La
causalité interne renvoie aux explications qui font exclusivement appel à la situation observée
ou au point de vue qu’on lui applique. Quant à la causalité externe, elle mobilise les principes
explicatifs extérieurs. S’en tenir à l’une ou l’autre de ces explications peut comporter des
limites objectives :
- le risque de réduire l’explication à la seule psychologie des sujets étudiés
- celui de juxtaposer des explications séparées et hétérogènes, méconnaissant la notion de
totalité inhérente aux phénomènes sociaux
- le risque de tenter des explications simplifiées et mécaniques en faisant appel à une
cause purement externe.
La théorie explicative
Définie comme un ensemble de propositions dont les termes sont rigoureusement circonscrits,
la théorie se conçoit à partir d’une conceptualisation de la réalité perçue ou observée. En
permettant de déduire et de prévoir, elle élabore des hypothèses qui sont à l’origine de la
recherche. Elle se retrouve à la fin du processus grâce à la tentative d’explication qu’elle
suggère.
En sciences sociales, les théories sont d’ampleur et de niveau variables. L’ampleur vise le
nombre de ‘’segments sociaux ‘’, de conduites englobées par une théorie alors que le niveau
dépend de l’objet de l’explication. Si elles conçoivent l’existence de théories globales qui
jouent le rôle de fil conducteur, les sciences sociales contemporaines n’admettent pas une
théorie générale de l’homme scientifiquement établie et universellement acceptée. Elles
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s’emploient plutôt à rechercher des théories moyennes qui intègrent des observations variées
dans des schémas explicatifs cependant limités à un processus ou à un segment social donné.
Quelques exemples de démarches théoriques peuvent être évoqués. En premier lieu il faut
observer qu’il n’existe pas à proprement parler de méthode pour formuler une explication
théorique ; toutes les méthodes utilisées pour vérifier une hypothèse conduisent à des
explications et permettent donc d’énoncer des théories. On peut toutefois distinguer quelques
grands types de démarches intellectuelles qui affectent la présentation et la signification des
schémas explicatifs.
· L’analyse diachronique. Elle consiste en la recherche de la genèse des situations
étudiées. L’explication prend en compte les antécédents et leur succession temporelle pour
expliciter la situation actuelle. L’analyse diachronique s’oppose à l’approche synchronique.
Elle est a été expérimentée dans le domaine de la psychologie où elle a permis de mieux
comprendre la naissance et le développement. Cette méthode de l’analyse diachronique ne fait
pas l’unanimité de sa pertinence car elle ne prend pas en charge tous les aspects de la réalité.
· L’analyse fonctionnelle. Le terme fonction s’entend ici dans un sens analogue à celui
qu’il a en biologie : la fonction d’un processus biologique c’est le rôle qu’il joue dans le
maintien de la vie de l’organisme. Appliquée aux phénomènes sociaux, l’analyse
fonctionnelle s’efforce de les expliquer par le rôle, la fonction qu’ils assurent dans le système
social auquel ils appartiennent.
Dans la pratique, on distingue différents types de fonctionnalisme :
- le fonctionnalisme ‘’ absolu ‘’ se rattache à l’école anthropologique anglo-saxonne des
années 1930. Elle s’appuie sur trois postulats : l’unité fonctionnelle de la société (chaque
élément est analysé par rapport à l’ensemble), l’universalité de la fonction (chaque élément a
effectivement une fonction), la nécessité de la fonction (chaque élément du système est
indispensable au tout)
- le fonctionnalisme limité atténue les postulats du fonctionnalisme absolu. Dans ce cas
le cadre de référence peut être un segment de la société et non la société globale ; les
différentes fonctions peuvent être remplies alternativement ou successivement par des
éléments très différents, soit dans le temps, soit d’une société à l’autre.
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L’analyse fonctionnelle comporte quelques difficultés. Elles sont liées à la notion de besoin
très présente dans ce genre d’analyses où il est fréquent d’attribuer les besoins aux individus.
La conséquence suivante en découle : la réduction de l’explication des phénomènes
sociologiques à des causes psychologiques
. L’analyse structurale. La notion de structure s’oppose à celle de conjoncture,
comme ce qui est permanent, stable par opposition à l’évènement ou au cas particulier. Elle
désigne une réalité dans laquelle on note l’existence de relations déterminées entre des
éléments telles que la modification d’une relation affecterait l’ensemble. La structure désigne
enfin et de façon plus précise, un ensemble d’axiomes déterminé qui rend compte de toutes
mes implications nécessaires entre les éléments d’un système, tel qu’il permet d’en déduire
toutes les caractéristiques et toutes les formes possibles à partir de la connaissance de sa
logique interne.
On distingue différentes sortes d’analyses structurales :
- des analyses portant sur des objets qui ne peuvent être correctement identifiés que par
leurs relations à l’intérieur d’un système
- des analyses qui ont pour objet de décrire un phénomène social comme un système
- d’une façon plus générale et plus vague il s’agit d’analyses qui privilégient
l’explication synchronique