Bienvenue sur la voie de la vérité.

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Alors vous recherchez votre âme dans mes yeux ? Non , direz certains.
Vous êtes arrivés jusqu'à mon âme ? Comment ? Par pur hasart ? Non , direz certains.
Et vos autres ? Vous avez suivi le goufre de la curisité ? Vous avez vu mon âme ? Comment cela était ? Pas par pur hasart ? Non, direz les autres .
Alors Vous incertains qui ont vu mon âme , il vous à ébloui dans la lumière du jour ? Ou dans les ténébres de la nuit ?Non, direz certains.
C'est une question ou une réponse ?

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Bienvenue citoyen du monde

Bienvenue citoyen du monde







Le monde s'est donné à un systeme unique,a refusé les utopies, les religions .En procedant ainsi il a accordé aux minorités ethniques le droit de la riposte et la ségrégation par sa propre democratie.Pour remédier à cela il a instoré des institutions soit disant de sécurité et devenu fanatique des armes pour departager les adversaires des guerres . Selon ma conviction certes la technologie nous a fait évoluer sans mûrir dans nos esprits.




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13/01/2019

Politique correcte

la politique est affranchit à la fois de toute religion et de toute morale ,elle n'est pas pour cela indépendante de la morale naturelle et du droit 

Les systèmes politiques basés sur l'interdépendance économique et sur l'intérêt conduisent à l'inégalité, à l'égoïsme et finalement à la société bourgeoise

La notion de justice est liée à la réciprocité. Le problème est que pour qu'il y ait réciprocité, il faut qu'il y ait égalité. Or depuis la fin de l'état de nature, la liberté et l'égalité naturelles se sont évanouies. Il faut donc les reconstituer de façon conventionnelle.L'égalité n'est pas une fin en soi, mais comme le moyen de sécuriser la liberté politique qui ne peut exister qu'entre égaux. Si on ne s'oppose pas aux inégalités issues des efforts des êtres humains mais aux inégalités non justifiées par la nature, on considère néanmoins que l'égalité est toujours menacée. Pour lui, les droits politiques sont basés sur les hommes tels qu'ils sont avec leur amour-propre, leurs intérêts, leurs vues du bien commun, ce qui le conduit à une démarche relativement pragmatique. 
« Il faut allier toujours ce que le droit permet avec ce que l'intérêt prescrit, afin que la justice et l'utilité ne se trouvent point divisées. »
 Le peuple entendu au sens politique d'ensemble des citoyens est souverain, cela veut dire que c'est lui qui promulgue ou qui ratifie les lois, c'est de lui que vient la volonté générale. S'il est souverain, toutefois, il ne gouverne pas et n'a pas vocation à gouverner.
Il existe deux solutions possibles : la démocratie directe ou la démocratie représentative. Se borner à voter, c'est disposer d'une souveraineté qui n'est qu'intermittente. On moque ainsi du système électoral alors en cours en Angleterre, en affirmant que le peuple n'y est libre que le jour des élections, et esclave sitôt que ses représentants sont élus. 
« la souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n'y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. »
On propose la création d'une religion civile reposant sur un petit nombre de dogmes positifs tels que « l'existence d'une divinité puissante, intelligente, bienfaisante, prévoyante et pourvoyante, la vie à venir, le bonheur des justes, le châtiments des méchants, la sainteté du contrat social et des lois »

La culture s'oppose à tout ce qui est politique, et tout ce qui est politique est dangereux pour la culture 

12/01/2019

Methodes

« Il faut sortir l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. ».
Tout discours, qu'il soit scientifique ou philosophique, et quel que soit son degré de complexité, doit toujours pouvoir être ramené à un fait brut, une expérience pure, un objet singulier et immédiat de la sensation. Si ce n'est pas le cas, alors ce discours est tout simplement vide, c'est une fiction dépourvue de sens. 

Cette méthode présuppose néanmoins une distinction entre les faits et les pensées. Elle postule qu'il existe des faits purs d'un côté, et de l'autre des signes généraux utilisés par l'entendement humain pour se représenter le monde. Il existe par conséquent deux moyens d'analyser la validité d'une pensée : premièrement, en interroger la cohérence logique (vérités analytiques), deuxièmement, en interroger le rapport à un fait brut ( vérités de fait ou synthétiques ). Toute la question sera alors de déterminer le statut de ces vérités analytiques qui ne dépendent pas de l'expérience. Les vérités analytiques sont vraies mais sont aussi vides, elles ne nous apprennent rien. Il n'y a que les vérités synthétiques qui nous apprennent quelque chose sur le monde.

Cette distinction entre les faits et les pensées est importante pour déceler la Vérité. L'empirisme logique développe la double exigence de vérifier le langage utilisé par l'analyse logique (détecter les contradictions et les tautologies) et par le renvoi éventuel à un objet singulier et immédiat de l'expérience. La majorité des difficultés en philosophie aurait pour origine une confusion quant aux termes employés, qu'il faut clarifier avec outils logiques et expérimentaux.


« Il n'y pas d'idées pures indépendantes des sensations et des émotions,il existe des lois formelles non psychologiques de la pensée qui organisent le discours scientifique et invalident le discours métaphysique.Il existe des objets logiques tels que les nombres qui sont indépendants de l'expérience et qui ont un sens en eux-mêmes »

La logique inductive consiste en la généralisation vers une loi naturelle à partir de données spécifiques de l'expérience. Un tel type de raisonnement ne conduit qu'à une connaissance probable , il n'y a pas de «connexion nécessaire» entre deux faits.Le raisonnement causal repose en fait sur l'habitude.Or, plus on observe l'occurrence d'un même phénomène, plus notre croyance subjective en la réitération de ce phénomène se renforce. Ainsi, si l'induction ne permet aucune certitude et ne peut fonder aucune loi universelle et nécessaire, l'observation concomitante et réitérée de deux événements conduit progressivement,à la formation de l'idée de causalité.

Une méthode intellectuelle pour essayer de penser l'Infini ou Maximum : en passant à la limite, la raison est obligée de changer de régime,
En passant de non-contradiction à celui de la « coïncidence des opposés ». Un polygone inscrit dans un cercle finit par devenir le cercle lui-même à mesure que le nombre de côtés augmente.

 Sophistique,  l'art de produire des apparences trompeuses par des moyens pseudo-rationnels.

La phénoménologie décrit l'évolution progressive et dialectique de la conscience vers la science (i.e. par le jeu des négations successives, la conscience commençant par nier ce qui se manifeste immédiatement à elle), depuis la première opposition immédiate entre elle et l'objet, puis la conscience de soi, la raison, l'esprit, la religion, jusqu'au savoir absolu dans lequel « le concept correspond à l'objet et l'objet au concept ». Ce dernier savoir est selon Hegel savoir de l'être dans sa totalité, intériorisation de l'objet, ou identité de l'objet de la pensée et de l'activité de connaissance dont le résultat est l'objet lui-même.


11/01/2019

Philosophie islamique


Les sources de la philosophie islamique proviennent à la fois de l'islam en lui-même (Coran et Sunna) mais aussi de la philosophie grecque, iranienne préislamique et indienne.
C'est en cherchant à affiner la doctrine de l'islam ainsi qu'à interpréter correctement les hadiths, tout en extrapolant sur les questions religieuses qui n'avaient pas été explicitement tranchées dans le Coran, que naît la méthode de l'ijtihad. Avec elle s'ouvrent les premiers débats philosophiques et théologiques en islam, surtout entre les partisans du libre arbitre ou Qadar (de l'arabe : qadara, qui a le pouvoir), et les djabarites (de djabar : force, contrainte), partisans du fatalisme.
La théologie en islam doit répondre à des interrogations concernant la théodicée, l'eschatologie, l'anthropologie, la théologie négative et la religion comparée. Plusieurs courants philosophiques existent en terre d'islam :
  • la philosophie hellénistique de l'islam (falsafa)  ;
  • la théologie dialectique (kalâm)  ;
  • le soufisme, théorie ésotérique de l'islam ;
  • les écoles littéralistes (Atharisme comme pour le madhhab Hanbalisme).
La Madhhab motazilite est née d'une opposition aux vues respectant les traditions des musulmans partisans du califat. Puis, s'intéressant aux attaques que subissait l'islam de la part des non-musulmans, ces Motazilistes devinrent rapidement obsédés par le débat avec les autres théologies et courants de pensée au sein de l'islam lui-même.
Le calife Al-Mamun fait du motazilisme la doctrine officielle en 827 et crée la Maison de la sagesse en 832. Particulièrement rapidement, la philosophie grecque est introduite dans les milieux intellectuels persans et arabes. L'École péripatétique commence à avoir des représentants parmi eux : ce fut le cas d'Al-Kindi, d'Al-Farabi, d'Ibn Sina (Avicenne), et d'Ibn Rushd (Averroès).
Ceux qui cherchaient par une démonstration philosophique à conforter et démontrer le bien-fondé de leur foi religieuse ont été recrutés par Hunayn ibn Ishaq, un arabe chrétien qui dirige la maison de la sagesse dans les années 870. Ils ont collecté, traduit et synthétisé tout ce que le génie des autres cultures grecque, indienne, perse ont pu produire avant d'entreprendre les commentaires sur ces œuvres. C'est ce travail qui forme les bases de la philosophie musulmane du IXe et Xe siècle. Ceux qui utiliseront cette méthode dite Ilm-al-Kalâm basée sur la dialectique grecque seront nommés mutakalamin. En réponse au motazilisme, Abu al-Hasan al-Ash'ari, originellement un motaziliste lui-même, développe le Kalâm et fonde l'école de pensée acharite qui s'appuie sur cette méthode. Ainsi le kalâm et la falsafa influenceront plusieurs madhhabs.
Sous le califat des Abbassides, un certain nombre de penseurs et de scientifiques, et parmi eux de nombreux musulmans non-sunnites ou des non-musulmans (en particulier des lettrés chrétiens syriaques, ceux-ci les ayant jusque là traduits du grec en syriaque, puis en arabe), jouent un rôle dans la transmission à l'Occident des savoirs grec, indien, et d'autres sagesses préislamiques, mésopotamiennes et perses. Trois penseurs spéculatifs, les deux Persans al-Farabi et Avicenne, et l'Arabe al-Kindi, combinent l'aristotélisme et lenéoplatonisme avec d'autres courants dans l'Islam. Ils furent reconnus par énormément comme déviants comparé à l'orthodoxie religieuse, et certains les jugèrent même comme des philosophes non-musulmans.
Les Ismaéliens ne sont pas à l'écart de l'influence de la philosophie néoplatonicienne et plusieurs penseurs participent pour produire à Basra une encyclopédie : la Ikhwan al-Safa.
Le XIIe siècle voit l'apothéose de la philosophie pure et le déclin du Kalâm. Cette suprême exaltation de la philosophie doit être attribuée, pour une large part au Persan Al-Ghazali et au Juif Juda Halevi. En émettant des critiques, ils ont produit par réaction un courant favorable à la philosophie par une mise en cause des concepts et en rendant leurs théories plus logiques et plus claires. Ibn Bajjah et Averroès ont produit les plus belles œuvres de la pensée islamique. Averroès clôt le débat par son œuvre d'une grande hardiesse. La fureur des orthodoxes est en effet telle que le débat n'est plus envisageable. Les orthodoxes s'en prennent sans distinction à l'ensemble des philosophes et font brûler les livres. Le débat se poursuivra, mais en Occident, par l'intermédiaire des Juifs.
D'aucuns considèrent Ibn Khaldoun comme le dernier grand penseur de ce temps philosophique islamique ; il vécut au XIVe siècle. Il fut avec son grand-œuvre Al-Muqqadima(en particulier sa brillante introduction) en avance sur son époque et l'inventeur de la sociologie.

10/01/2019

Intimité

« Il plaisait à mon orgueil d'être en dehors de la faute et quand j'avais fait quelque chose de mal je ne voulais pas confesser que je l'avais fait et obtenir ainsi que tu guérisses mon âme »

Livres sacrés


L'enseignement contenu dans l'Ancien et le Nouveau Testament est identique, si ce n'est que le premier, écrit sur la pierre des Tables de la Loi, est imposé du dehors, tandis que le second est implanté dans le fort intérieur de l'Homme, inscrit dans son cœur. 

Mal

  1. « Le mal est une privation, un manque, un « rien ». » 
  2. « Le mal naturel, bien qu'horrible en lui-même, fait partie d'un ordre, qui comme tout ordre est merveilleux. » ;
  3. « Le mal moral est le résultat du libre-arbitre, sans lequel il n'y aurait pas de bien moral. »

09/01/2019

Questions

  « Supposons donc qu'au commencement l'âme est ce qu'on appelle une table rase [white paper], vide de tous les caractères sans aucune idée, quelle qu'elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l'imagination de l'homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont somme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? A cela je réponds en un mot, de l'expérience : c'est le fondement de toutes nos connaissances, et c'est de là qu'elles tirent leur première origine »

Si la grâce peut être accordée à tous ceux qui ont la foi, l'Homme n'est pas relevé de ses péchés, simplement ceux-ci ne sont-ils plus portés à son passif.

S'il existe un monde physique indépendant de l'esprit.

 Pourquoi seul le Fils s'est fait homme? le Christ, verbe de Dieu, s'est incarné pour communiquer avec les hommes et leur offrir un exemple à imiter.

 La volonté de puissance est-elle le devenir ou son essence ? 
« L’essence la plus intime de l’être est la volonté de puissance. »

« Comment une chose pourrait-elle naître de son contraire ? Par exemple, la vérité de l'erreur ? Ou bien la volonté du vrai de la volonté de l'erreur ? L'acte désintéressé de l'acte égoïste ? Comment la contemplation pure et rayonnante du sage naîtrait-elle de la convoitise ? De telles origines sont impossibles . Les choses de la plus haute valeur doivent avoir une autre origine, une origine qui leur est particulière, - elles ne sauraient être issues de ce monde passager, trompeur, illusoire, de ce labyrinthe d'erreurs et de désirs ! C'est, tout au contraire, dans le sein de l'être, dans l'immuable, dans la divinité occulte, dans la « chose en soi », que doit se trouver leur raison d'être, et nulle part ailleurs ! »

05/01/2019

Conscience ou ...

 « Il y a un lien entre les lois transcendantes et la conscience mais, si la créature peut fuir les lois, il n'en est pas de même de sa conscience. La conscience mauvaise ne se fuit pas elle-même,elle marche à sa propre suite. De sorte que pour lui, ce qui commande dans la loi, c'est la conscience, qui est aussi volonté, mais  cela ne suffit pas en général pour sortir du péché. »

« Si la loi et la conscience ne permettent pas toujours de sortir du péché, ce n'est pas à cause d'une défaillance de la volonté mais parce que chez la créature, il y a une faiblesse dans la relation entre vouloir et pouvoir. De sorte que, si chez le Créateur vouloir et pouvoir coïncident, ce n'est pas le cas chez la créature. Aussi la créature a-t-elle besoin d'une aide extérieure : la grâce de 'EL qui va lui donner le pouvoir nécessaire. Mais, recevoir la grâce exige d'une part de la vouloir et d'autre part de reconnaître son incapacité à vaincre par soi-même le péché, c'est-à-dire faire un retour à 'EL . Par la grâce, le Créateur accueille à nouveau la créature qui est recréée puisque libérée de sa nature pécheresse »

« conscience qui fait l'unité de la personne »
La pensée constitue l'essence de l'esprit tout comme l'extension constitue l'essence entière de la matière

Cette «voix» de la conscience, qui se fait entendre dans l'individu est néanmoins la même en tout homme. Malgré la diversité et la variabilité des mœurs et des connaissances, elle est universelle : elle est en nous la voix de la nature, car «quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au-dedans de nous, et c'est par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir» . Tel un instinct, mais néenmoins signe de notre liberté, elle ne nous trompe jamais, pour peu qu'on l'écoute vraiment : «Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme comparable à Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer d'erreurs en erreurs avec un entendement sans règle et d'une raison sans principe»

04/01/2019

Raison

la raison est à la fois un instrument qui permet de théoriser et quelque chose qui nous dicte la conduite à suivre dans un monde bien ordonné. L'intervention d'éléments non rationnels empêchent ce dictamen et « l'intellect lui-même a besoin de la volonté pour le pousser à l'activité », d'où l'importance accordée à la volonté et à la responsabilité des hommes. Cet accent ira croissant avec l'âge sous l'influence de trois facteurs que nous allons aborder maintenant.
  1. Sous l'influence de l'ignorance et le péché inhérents à la nature humaine.
  2. Sur les éléments non rationnels de la volonté liés notamment aux habitudes.
  3. Plus il lit les Écritures, plus il met l'accent sur la notion de communauté, sur l'autorité des anciens et à l'obéissance à des normes sanctionnées par Dieu.
La foi devient première. C'est elle qui guide la volonté, qui elle-même précède la réflexion raisonnée, qui de façon rétrospective fournit une justification rationnelle.
La liberté de la volonté humaine et la prescience divine ne sont pas incompatibles, car Dieu a prescience de notre volonté.



« C’est que jamais rien n’arrive, sans qu’il y ait une cause ou du moins une raison déterminante, c’est-à-dire quelque chose qui puisse servir à rendre raison a priori, pourquoi cela est existant plutôt que non existant, et pourquoi cela est ainsi plutôt que de toute autre façon. »

S’il n’est rien qui ne soit ni n’arrive sans cause, il n’est rien dès lors qui ne soit, en droit, intelligible et explicable par la raison.

 « ce qui est rationnel est effectif, et ce qui est effectif est rationnel »

Le rationalisme postule, en effet, l’existence en la raison de principes logiques universels (principe du tiers exclu, principe de raison suffisante) et d’idées a priori, c’est-à-dire indépendantes de l’expérience et précédant toute expérience. On admet l'existence d'idées a priori et innées telles que l'idée d'infini, de temps, de nombre, ou l'idée même de 'El , idées simples et premières, sans lesquelles l’expérience sensible nous resterait inintelligible : « il y a en nous certaines notions primitives, qui sont comme des originaux, sur le patron desquels nous formons toutes nos autres connaissances »

« tout ce qui se peut savoir de Dieu peut être montré par des raisons qu’il n’est pas besoin de chercher ailleurs que dans nous-mêmes, et que notre esprit seul est capable de nous fournir »


La science de la nature réclame l’observation des faits, et ne peut découler de seuls principes a priori. Kant, très attentif à cette question, en prend acte dans la Critique de la raison pure. Il y distingue trois facultés :

  • La sensibilité ou faculté des intuitions empiriques, par laquelle quelque chose nous est donné.
  • L’entendement ou faculté des concepts. Les catégories pures de l’entendement sont les règles qui nous permettent d’organiser a priori l’expérience, par exemple la relation de causalité.
«  Sans la sensibilité, nul objet ne nous serait donné et sans l’entendement nul ne serait pensé .De leur union seule peut sortir la connaissance. »

Connaître, c’est donc appliquer des concepts à des intuitions, de telle sorte que « des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles ».
« Que toute notre connaissance commence avec l’expérience, cela ne soulève aucun doute. Mais si toute notre connaissance débute avec l’expérience, cela ne prouve pas qu’elle dérive toute de l’expérience. »
Le donné empirique en effet, donné certes irréductible à la raison, ne peut être organisé et donner lieu à une connaissance qu’à travers les formes a priori de notre esprit :
  • formes a priori de la sensibilité elle-même, que sont l’espace et le temps,
  • catégories pures de l’entendement qui constituent pour ainsi dire la structure logique inhérente à notre esprit, structure dans laquelle nous mettons en forme les données issues de la sensibilité pour en opérer la synthèse, et dont dérivent toutes les fonctions logiques de nos jugements. 
Si bien que la réalité en soi nous reste à jamais inconnaissable : nous n’avons accès qu’à une réalité phénoménale.
  A partir des idées simples et innées constitutives d’une connaissance pure indépendante de l’expérience on peut leur substituer les catégories pures de l’entendement qui sont la condition de possibilité de toute expérience possible.

« L’esprit humain, reconnaissant l’impossibilité d’obtenir des notions absolues, renonce à chercher l’origine et la destination de l’univers, et à connaître les causes intimes des phénomènes, pour s’attacher uniquement à découvrir, par l’usage bien combiné du raisonnement et de l’observation, leurs lois effectives, c’est-à-dire leurs relations invariables de succession et de similitude. »

Prétendre connaître des objets suprasensibles relève d’un usage illégitime de la raison. Ainsi se trouvent invalidées les tentatives de démonstration rationnelle de l’existence de 'EL .Simple concept de 'El , on ne peut en déduire analytiquement l’existence. « J’ai donc dû supprimer le savoir pour lui substituer la croyance. »

 un phénomène se produit par des faits observables  qui sont liés par des lois et qui en expriment seulement les relations constantes.

 Sans la médiation de la raison en effet, l’expérience resterait muette et ne saurait rien nous enseigner.

« La raison ne voit que ce qu’elle produit elle-même d’après ses propres plans et qu’elle doit prendre les devants avec les principes qui déterminent ses jugements, suivant des lois immuables,.Nos observations doivent se rattacher à des lois nécessaires, chose que la raison demande et dont elle a besoin. Il faut donc que la raison se présente à la nature tenant, d’une main, ses principes qui seuls peuvent donner aux phénomènes concordants entre eux l’autorité de lois, et de l’autre, l’expérimentation qu’elle a imaginée d’après ces principes, pour être instruite par elle comme un juge en fonctions qui force les témoins à répondre aux questions qu’il leur pose. »

« Une expérience ne peut être une expérience bien faite que si elle est complète, ce qui n’arrive que pour l’expérience précédée d’un projet bien étudié à partir d’une théorie achevée. Les enseignements de la réalité ne valent qu’autant qu’ils suggèrent des réalisations rationnelles. »

 « L’expérience en laboratoire n’est donc pas le réel à l’état brut, mais un réel reconstruit et sélectif, dans lequel la vérité s’élabore à travers un ensemble d’opérations et de procédures rationnelles qui corrigent notre approche naïve et spontanée. Rien n’est donné, tout est construit. »

Les conquêtes progressives du rationalisme se font dès lors contre la raison elle-même, de sorte qu’« en revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel. »Passé d’erreurs : généralisation hâtive de la connaissance, habitudes verbales, pragmatisme, substantialisation, réalisme naïf qui sont autant d’obstacles que la science dresse face à elle-même. « Préciser, rectifier, diversifier, ce sont là des types de pensées dynamiques qui s’évadent de la certitude et de l’unité et qui trouvent dans les systèmes homogènes plus d’obstacles que d’impulsions. » L’esprit rationnel, dans le cadre des sciences, doit être un esprit critique toujours en alerte devant ses propres facteurs d’inertie, toujours prompt à remettre en question ses propres conquêtes. « Reste ensuite la tâche la plus difficile : mettre la culture scientifique en état de mobilisation permanente, remplacer le savoir fermé et statique par une connaissance ouverte et dynamique,donner enfin à la raison des raisons d’évoluer. »

 Le caractère d’une théorie scientifique tient à sa réfutabilité. On ne peut en effet, à partir d’expériences singulières, aussi nombreuses soient-elles, conclure à l’universalité d’une loi. Mais on peut la tester : il suffit de montrer une seule observation contraire à un énoncé universel pour être certain que cet énoncé est faux. Le vrai n’est donc pas la simple réciproque du faux, de sorte qu’on ne peut vérifier une hypothèse, mais seulement essayer de l'infirmer. Une théorie ne sera dès lors tenue pour vraie qu’autant qu’elle résistera aux tests expérimentaux pour la mettre en échec. C’est dire par conséquent que la science progresse par réfutations et expérimentation : rien n’est définitif, la vérité est toujours provisoire.

La raison n’est plus conçue comme un système clos et rigide de principes déterminés a priori, mais bien comme une réalité plastique et dynamique, comme un processus constructif, dont témoigne l’histoire même de la connaissance. Ce que l’on considère comme étant une explication rationnelle dépend donc étroitement du contexte historique dans lequel elle est formulée, de l’état des connaissances, et de l’évolution des techniques d’observation et d’expérimentation.
 « Dès que la raison vient à manquer à quelqu'un de quelque secte qu'il soit, il s'écrie aussitôt, c'est ici un article de foi, et qui est au-dessus de la raison. » Si la révélation peut être utile dans les points où la raison ne peut aboutir à des certitudes, elle ne doit pas contredire ce que nous savons par raison être vrai.

 La raison est subordonnée aux passions et notamment à l'amour-propre. Par ailleurs les passions et la raison évoluent, ont une dynamique propre. Au départ, à l'état de nature, l'être humain n'a que peu de passions et de raison. Les hommes en l'état de nature (les sauvages) qu'ils « ne sont points méchants précisément parce qu’ils ne savent ce que c’est que d’être bons ; car ce n’est ni le développement des lumières, ni le frein de la Loi, mais le calme des passions et l’ignorance du vice qui les empêche de mal faire ». La dynamique des passions et de la raison qui conduit à leur évolution est explicitée  dans le passage suivant :
« Quoiqu’en disent les Moralistes, l’entendement humain doit beaucoup aux Passions, qui, d’un commun aveu, lui doivent beaucoup aussi : C'est par leur activité, que notre raison se perfectionne ; Nous ne cherchons à connaître que parce que nous désirons jouïr, et il n'est pas possible de concevoir pourquoi celui qui n'aurait ni désirs ni craintes se donnerait la peine de raisonner. Les Passions, à leur tour, tirent leur origine de nos besoins, et leurs progrès de nos connaissances; car on ne peut désirer ou craindre les choses, que sur les idées qu'on peut en avoir, ou par la simple impulsion de la Nature; et l'homme sauvage, privé de toute sorte de lumière, n'éprouve que les Passions de cette dernière espèce. »
Le trait dominant de l'homme, ce n'est pas la raison mais la perfectibilité. Parlant de la différence être humain et animal « Il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue, et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation, c'est la faculté de se perfectionner ; faculté qui, à l'aide des circonstances, développe successivement toutes les autres, et réside parmi nous tant dans l'espèce, que dans l'individu, au lieu qu'un animal est, au bout de quelques mois, ce qu'il sera toute sa vie ». La perfectibilité est seulement la capacité de changer, capacité qui conduit le plus souvent à la corruption
 Pour arriver à une connaissance vraie il faut aimer la vérité. La preuve infaillible de cet amour étant « de ne pas recevoir une proposition avec plus d'assurance, que les preuves sur lesquelles elle est fondée ne le permettent. » l'enthousiasme conduit à violer ce principe.

La « sagesse » est le siège de la vertu, la conscience qui ne crée pas de lumière, mais plutôt qui active le sens de l'homme des proportions cosmiques ». La vérité morale est l'élément unificateur de toute réalité. Les connaissances ne sont que de fausses lumières, de simples projections de l'amour-propre, si elles ne sont pas enracinées, comme chez lui, dans une certitude intérieure. Dans le cas contraire, la raison peut être corrompue par les passions et se transformer en raisonnements faux qui flattent l'amour-propre. Si la raison peut permettre d'accéder à la vérité, seule la conscience, qui impose l'amour de la justice et de la moralité de façon quasi esthétique, peut la faire aimer. Le problème, pour lui, est que la conscience basée sur une appréciation rationnelle d'un ordre tracé par un 'EL  bienveillant est chose rare dans un monde dominé par l'amour-propre.


  • La raison ou faculté des Idées. Une Idée ne pouvant correspondre à aucun objet donné dans l’expérience (Dieu, l’immortalité de l’âme, la liberté), de tels objets suprasensibles ne peuvent donc être objets de connaissance au sens défini plus haut.

Dès lors que la métaphysique est réfutée, apparaît l'idée que nous puissions faire une histoire de la connaissance, ce qui nous conduit  à considérer les catégories de nos facultés cognitives comme les résultats d'habitudes grammaticales devenues instinctives. Mais le langage a une origine lointaine et véhicule des préjugés rudimentaires :
« Le langage, de par son origine, remonte au temps de la forme la plus rudimentaire de psychologie : prendre conscience des conditions premières d'une métaphysique du langage, ou, plus clairement, de la raison, c'est pénétrer dans une mentalité grossièrement fétichiste. »
Cette métaphysique du langage exprime essentiellement la croyance en la causalité de la volonté, croyance dont découlent des principes de la raison :
Cette métaphysique du langage entraîne à l'erreur de l'Être :
« Je crains que nous ne puissions nous débarrasser de Dieu, parce que nous croyons encore à la grammaire… »

Foi ou croyance ?

la foi est connaissance

Croire est lié  à la foi  vue comme recherche fidèle de la vérité dans un monde marqué par « la versatilité et l'inconstance de l'âme humaine ». La foi est l'esprit de résistance d'une âme qui, lucide sur ses faiblesses de constitution lutte contre la conjuration d'événements quotidiens dont l'inessentielle séduction tente constamment de la détourner de sa quête ». La foi précède l'intelligence. Il faut croire pour penser. C'est le sens de l'injonction « crois afin de comprendre, comprends afin de croire  »

Toute pensée cherche la vérité, traduit une volonté de vérité, Dieu est vérité donc l'homme désire Dieu.  Dieu se révèle parce qu'il a mis en l'homme ce désir de vérité, parce qu'Il l'appelle. « Dieu ne peut être pensé par l'homme que parce qu'il a voulu se manifester à lui ». La foi incite à tenter de comprendre le mystère de Dieu et du monde en même temps qu'elle pose une distance, un recul tant par rapport à ce mystère que par rapport à soi-même.

Notre conscience est limitée

À la suite de Kozlov et de Lopatine, vient Askoldov, métaphysicien rattaché aussi à Leibnitz et à Schelling et défenseur, en gnoséologie, de la possibilité du miracle.

03/01/2019

Le temps

«Il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent, le présent du futur : La mémoire ,L'intuition et L'attente »

la mémoire participe à la vie de l'esprit. C'est elle qui instaure de la durée, de la profondeur de champ, qui permet de donner sens aux expériences

 la mémoire est une « chambre intérieure vaste et illimitée » où sont conservées nos actions passées, les images de ce que nous avons vu et perçu mais aussi ce que nous avons appris des arts libérauxainsi que les affections de l'esprit : joie, tristesse, désir et peur

Ame ou Esprit ?

D'où vient l'âme?
  1. L'âme est envoyée par Dieu.
  2. l'âme vient de sa propre initiative habiter le corps 
  3. toutes les âmes viennent de celle d'Adam à travers un processus généalogique similaire à celui des corps 
  4. Dieu crée une âme pour chaque corps                                                                                                            l'esprit est une substance non corporelle, c'est quelque chose qui vit, se rappelle, comprend, veut, sait, et juge. C'est aussi quelque chose qui d'une certaine façon s'auto-justifie. 
                     « C'est à travers les formes que l'âme, illuminée par une lumière intérieure divine, peut avoir accès grâce à une théorie active de la perception, à la vérité.
 ce n'est pas le corps qui perçoit, mais l'âme à travers le corps qui transmet la perception telle quelle ; l'âme utilise alors ce qui vient de l'extérieur pour former en elle-même la vraie chose »

l'esprit anime le corps

Le siège de l'esprit est dans la mémoire.

« Toutes les formes de choses naturelles animées ont des âmes »
« Toutes les âmes font partie de l'âme de l'Univers, et tous les êtres à la fin sont Uns »

la piété de l'âme est supérieure au raisonnement.
 L'esprit (l'âme) peut agir sur le corps et réciproquement.

L’esprit n’explique rien, et ce n’est qu’à partir des sciences empiriques que la philosophie peut spéculer sur la nature humaine et fournir des explications de tout ce qui est humain :

La psychanalyse décrit ce qui advient dans l'âme, elle ne peut prétendre décrire et expliquer ce que l'âme est pour autant.


02/01/2019

Intelligence

« cherchons comme si nous devions trouver et trouvons pour nous disposer à chercher encore »

«  Mais, pour tout ce que nous saisissons par l'intelligence, ce n'est pas une voix qui résonne au-dehors en parlant, mais une vérité qui dirige l'esprit de l'intérieur que nous consultons, avertis peut-être par les mots pour le faire. Or celui qui est consulté enseigne 'EL' dont il est dit qu'il habite dans l'homme intérieur, c'est-à-dire la Vertu immuable de'EL' et sa Sagesse éternelle que toute âme raisonnable consulte, mais qui ne se manifeste à chacun qu'autant qu'il peut la saisir selon sa propre volonté, mauvaise ou bonne. »

Philosophie

 la philosophie une discipline pratique dont le principal but est la recherche du bonheur, où l'éthique domine la logique et la métaphysique. Sa pensée morale se rapproche ainsi davantage de l'éthique de la vertu  que de l'éthique du devoir et du droit.

«Le bonheur est le cheminement d'une recherche sans fin de la vérité»

« L'immortalité est un des plus grands prérequis pour atteindre le vrai bonheur»
«  Le bonheur ne vient pas du plaisir du corps mais de la vertu de l'esprit »

« Le Cosmos se présente comme un immense corps, un organisme où chaque élément … a sa place et son rôle … Ce vaste corps a une âme, elle-même divine  ce souffle inné qui le gouverne rationnellement de l'intérieur »

 « Si je me trompe, je suis… Et de la même manière que je connais que je suis, je sais aussi que je me connais »

EL

Hashem §ʾĒl § אֱלֹהִים est Un:
ni soumis au changement ni à l'espace-temps ni plusieurs ni un tout
sans limites ni attributs


 «  Je suis 'EL' et je suis ton 'EL'. Comment suis-je 'EL' ? Comme il a été dit à Moïse, « je suis Celui qui est ». Comment suis-je ton 'EL' ? « Je suis le 'EL' d'Abraham et le 'EL' d'Isaac et le 'EL' de Jacob » « je suis Celui qui est » Je suis le 'EL' de Mohammed . »

« 'EL' est l'ultime source et point d'origine pour ce qui est dessous ». Le monde sensible est celui du privé, des choses qui passent, tandis que le monde intelligible, celui du public, est formé des réalités durables. Le monde intelligible cherche l'unité avec 'EL', avec la source tandis que le monde sensible se laisse piéger par les choses matérielles et n'est donc capable que d'accéder à une petite portion du réel. Au contraire le monde intelligible et la raison permettent d'orienter notre sensibilité vers le haut, vers 'EL'. Le mal moral réside dans le fait de s'en tenir aux biens inférieurs et par là de se détourner de 'EL'

« Bien des choses des saintes écritures y sont exprimées sur un mode plutôt simple, accommodé aux âmes qui se traînent à terre, afin que les réalités humaines leur permettent de se dresser vers les divines ; bien des choses y sont exprimées sur le mode figuré, afin que l'esprit studieux s'y exerce plus utilement dans sa recherche et s'y réjouisse davantage dans sa découverte »



« 'EL  étant Créateur et Gouverneur de l'univers, toutes choses sont belles ; et la beauté de l'ensemble est irréprochable, tant par la condamnation des pêcheurs, que par l'épreuve des justes et la perfection des bienheureux »

     C'est la lumière de 'EL qui est 'EL  lui-même qui nous permet non seulement d'arriver à des vérités a priori mais également à tout le savoir humain, et non l'âme qui n'est qu'une créature faite à l'image de 'EL . Y-t-il a un lien réel entre le mot et la chose qu'il désigne. Il convient de souligner les limites à notre capacité de connaître. Il n'est pas possible de prouver la nécessité de l'existence de 'EL  par la raison ; il n'est possible d'atteindre une connaissance directe de 'EL  que par l'expérience mystique. Il en résulte que tout ce qu'on peut savoir de 'EL  par la raison c'est qu'il excède nos capacités de compréhension. Vis-à-vis de la philosophie il a une attitude semblable : elle ne peut nous permettre d'atteindre la vérité absolue, mais, elle conduit l'esprit à réduire en quelque sorte le doute, à se faire une idée des choses. 

 Il importe peu de savoir si 'EL doit être pensé comme Forme ou Matière, Acte ou Puissance : tous ces termes conviennent, pourvu qu'on les considère comme des conjectures initiales à dépasser. 'EL n'est pas n'importe quel acte ou forme, c'est l'acte et la forme les plus grands ; et Il est si Grand qu'Il excède même l'acte et la forme.
Deux principes de toutes choses l'être et le non être. L'être se manifeste par trois attributs essentiels : la force, la sagesse et l'amour. En Dieu seul on trouve l'être et ses attributs sans mélange de non être. Les créatures sont un mélange d'être et de non être, force, sagesse, et amour dans la mesure où elles participent de l'être; impuissance, ignorance et haine dans la mesure où elles participent du néant.


 L’ordre de l’univers peut-il nous amener à constater l'existence d'un « éternel géomètre ». C'est pour lui une évidence rationnelle : un effet ne peut exister sans qu'il y ait aussi une cause préalable, de même que la lumière naturelle ne peut exister sans tirer son origine du soleil – ou qu'une bougie ne peut être allumée sans qu'un « athée » ait auparavant décidé d'enflammer sa mèche ; ce que on nomme « 'EL », c'est la Cause ultime, absolue qui ordonne éternellement et présentement tous les desseins cosmiques : le soleil est ainsi « fait pour éclairer notre portion d'univers ».

« Une cause sans effet est une chimère, une absurdité, aussi bien qu'un effet sans cause. Il y a donc éternellement, et il y aura toujours des effets de cette cause universelle. Ces effets ne peuvent venir de rien ; ils sont donc des émanations éternelles de cette cause éternelle. La matière de l'univers appartient donc à 'EL tout autant que les idées, et les idées tout autant que la matière. Dire que quelque chose est hors de Lui, ce serait dire qu'il y a quelque chose hors de l'infini. 'EL  étant le principe universel de toutes les choses, toutes existent en Lui et par lui. On ne fait point 'EL  l'universalité des choses : nous disons que l'universalité des choses émane de Lui ; et pour nous servir. de l'indigne comparaison du soleil et de ses rayons, nous disons qu'un trait de lumière lancé du globe du soleil, et absorbé dans le plus infect des cloaques, ne peut laisser aucune souillure dans cet astre. Ce cloaque n'empêche pas que le soleil ne vivifie toute la nature dans notre globe. Nous pourrions dire encore qu'un trait de lumière, pénétrant dans la fange, ne se mêle point avec elle, et qu'elle y conserve son essence invisible ; mais il vaut mieux avouer que la lumière la plus pure ne peut représenter 'EL . La lumière émane du soleil, et tout émane de 'EL . Nous ne savons pas comment ; mais nous pouvons: concevoir 'EL  comme l'Être nécessaire de qui tout émane: « qui ne peut pas ne pas être – ni être autrement »]. »
Mais, au-delà, il ne voit qu'incertitudes : « J'ai contemplé le divin ouvrage, et je n'ai point vu l'ouvrier ; j'ai interrogé la nature, elle est demeurée muette ». Il conclut : « Il m'est impossible de nier l'existence de ce 'EL  », ajoutant qu'il est « impossible de le connaître ». on rejette toute incarnation, « tous ces prétendus fils de 'EL  ». Ce sont « des contes de sorciers »« Un 'EL  se joindre à la nature humaine ! J'aimerais autant dire que les éléphants ont fait l'amour à des puces, et en ont eu de la race : ce serait bien moins impertinent ». « Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un 'EL  que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? ».
« La terre est couverte de crimes (...) ; cela empêche-t-il qu'il y ait une cause universelle ? (...) Il y a une suite infinie de vérités, et l'Être infini peut seul comprendre cette suite. (...) Demander pourquoi il y a du mal sur terre, c'est demander pourquoi nous ne vivons pas autant que les chênes. (...) Le grand Être est fort ; mais les émanations sont nécessairement faibles. Servons-nous (...) de la comparaison du soleil. Ses rayons réunis fondent les métaux ; mais quand vous réunissez ceux qu'il a dardés sur le disque de la lune, ils n'excitent pas la plus légère chaleur. Nous sommes aussi nécessairement bornés que le grand Être est nécessairement immense. »
« Un miracle, selon l'énergie du mot, est une chose admirable. En ce cas, tout est miracle. L'ordre prodigieux de la nature, la rotation de cent millions de globes autour d'un million de soleils, l'activité de la lumière, la vie des animaux sont des miracles perpétuels. Selon les idées reçues, nous appelons miracle la violation de ces lois divines et éternelles. Plusieurs physiciens soutiennent qu'en ce sens il n'y a point de miracles ; un miracle est la violation des lois mathématiques divines, immuables, éternelles. Par ce seul exposé, un miracle est une contradiction dans les termes. Une loi ne peut être à la fois immuable et violée. Mais, une loi, leur dit-on, étant établie par 'EL  même, ne peut-elle être suspendue par son auteur ? Ils ont la hardiesse de répondre que non. »

Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.